• Ecouter

    Laisser venir se poser, dans nos mains encore fragiles et tremblantes, l'oiseau de notre destinée. Personne ne peut vivre, personne ne peut accueillir à notre place. Il vient toujours un moment, et ce moment est en fait chaque instant, où l'on doit laisser derrière soi le monde entier, pour accueillir dans le silence de la présence, ce qui existe vraiment, cet instant.

    On ne peut pas suivre le réel, on ne peut pas obéir à la vérité. On ne peut qu'être la fenêtre ouverte que caresse la brise de l'existence. Il n'y a pas, il n'y a plus de recettes. Les savoirs du passé sont morts, rien ne peut se comparer à la vibration propre de la vie, en cet instant, toujours en cet instant.

    Qui va-t-on écouter ? À quoi va-t-on obéir ? Au sein de ce monde perpétuellement changeant, il nous faut apprendre à nous confier au changement même, à nous laisser couler dans les flots toujours mouvants du réel. À nous qui voulons être authentiques, à nous à qui ce qui est importe plus que le confort, il nous faut apprendre à désespérer de la berge.

    Il nous faut apprendre à nous noyer dans la plus parfaite tranquillité.

    Mourir, mourir encore à l'instant d'avant, à l'instant d'après. Mourir à telle idée du monde ou de nous-mêmes. Tout laisser se faire dévorer par le grand léviathan de la vérité qui ne laisse plus qu'un grand espace ouvert et nu, qu'un grand silence vivant ou gronde l'existence, l'existence pure, l'existence immaculée.

    Il nous faut apprendre à ne plus apprendre. C'est à dire, laisser graduellement nous quitter toutes les illusions de savoir, de vouloir, de contrôle. Il nous faut apprendre à disparaître, comme la pierre constamment caressée par la vague. De fait, nous n'avons rien à faire pour cela, c'est ce que nous sommes déjà. Nous n'étions simplement pas au courant.

    C'est déjà ce que nous apprenons, c'est déjà ce que nous oublions, nous sommes déjà la vérité absolue en marche vers la vérité absolue, nous sommes déjà le tout qui s'embrasse, nous sommes déjà l'effort et le résultat. Nous sommes tout ce que nous voulons et refusons, nous sommes ce qui est en paix avec la guerre. Nous n'étions simplement pas au courant.

    Que faire ? Écouter, écouter encore le chant sourd que l'océan de l'être laisse s'élever en tout instant, en toute chose. Écouter.

    Écouter, c'est tout.

    Ecouter

     

    « Conscience de...De l'autre côté du regard »
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